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'Le rejet de la "deutsche Wissenschaft"'
 
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Le rejet de la "deutsche Wissenschaft"

Que seuls deux officiers de l'armée allemande aient réussi à pénétrer dans une famille strasbourgeoise n'étonnera guère, mais que les universitaires allemands ou les professeurs de lycée n'aient pas eu plus de chance est plus surprenant. Seuls deux professeurs allemands du Gymnase Jean Sturm, une institution protestante de renom, ont réussi à prendre pour épouse des Alsaciennes, mais on notera que les parents des deux jeunes filles ne sont pas strasbourgeois. Un propriétaire strasbourgeois ne se serait pas compromis avec un Gymnasiallehrer allemand (professeur de lycée). Cette attitude vis à vis du monde universitaire révèle un rejet ou tout le moins une nette mise à distance de la part de la bourgeoisie strasbourgeoise qui tient le professeur allemand pour le symbole de la germanisation.

Le rejet est encore plus catégorique à l'égard de l'instituteur allemand. Bien que son influence en milieu urbain ne soit pas aussi grande qu'en milieu rural, il apparaît comme un agent essentiel de la germanisation. Le gouvernement allemand en est tellement conscient que son salaire, donc son statut social, fut relevé et sa formation améliorée par une loi de la Présidence Supérieure de Reichsland de juin 1872. Il est tout à fait remarquable qu'en vingt ans, seuls deux cas de mariage avec un instituteur prussien aient été relevés. Pour la période suivante, 1890-1914, la moisson n'est guère plus abondante et se limite à sept cas. La prévention vis à vis de ces fonctionnaires perdure tout au long de l'histoire du Reichsland. Durant près de quarante-cinq ans, pas plus l'instituteur que l'officier allemand ne trouvèrent grâce auprès de la population de Strasbourg.

Fig. 19

"Herr Professor"

 

 

 

 

 

 

 

Source Internet [1]

Fig. 20

 

 

 

 

 

 

 

Source: D. Poncin: En pays mal conquis: Les Allemands vus par l'Alsacien Jean-Jacques Waltz, dit Hansi. Poitiers (La Licorne) 1994