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'Document 8 (traduction): L'exposé de Franz Schnabel sur le déclenchement de la Première Guerre mondiale (1926 et 1927 identique) '
 
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Ultimatum, mobilisation et déclaration de guerre

[...] Le dessein de l'Allemagne consiste à limiter la guerre à la Serbie, c'est-à-dire à freiner la mobilisation de la Russie et à empêcher ainsi l'embrasement du monde entier. [refus de la première proposition de médiation de l'Angleterre, parce qu'elle entraînerait les mêmes conséquences (sous-entendu : désastreuses) qu'à Algésiras] L'Allemagne soutient en revanche une seconde initiative de Grey, [détails]. Les négociations sont encore en cours, lorsque la mobilisation générale en Russie (31 juillet) détruit toutes les démarches diplomatiques et toute perspective de préserver la paix. A ce moment-là, le gouvernement allemand adresse à la Russie un ultimatum qui exige la cessation de toute mesure de guerre à l'encontre de l'Allemagne et de l'Autriche en douze heures ; la France est mise au fait de l'ultimatum et invitée à se prononcer sur sa neutralité éventuelle dans une guerre germano-russe. L'ultimatum restant sans réponse, s'ensuit, le 1er août, la déclaration de guerre de l'Allemagne à la Russie et, le 3 août, la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France.

Que la déclaration de guerre officielle ne signifie rien quant à l'instigation originelle d'une guerre, l'histoire mondiale le démontre à de nombreuses occasions ; de la même manière : que la guerre, en fin de compte, n'ait pas été engendrée par le conflit serbe et l'ultimatum autrichien, découle logiquement de la différence à faire entre la cause profonde et la cause immédiate d'une guerre. La guerre avait ses causes dans la situation générale de l'Europe, telle qu'elle s'était constituée depuis le renvoi de Bismarck, et à laquelle il ne semblait plus exister d'issue. Pression et contre-pression s'opposaient. A chaque différend des dernières années, la paix avait tenu à un fil ; une petite erreur, et la guerre mondiale se serait déjà déclenchée à ce moment-là. [...]

[question de la responsabilité de la guerre :] il était fatal aussi que l'Allemagne laissât procéder l'Autriche de manière trop autonome, parce que cette dernière, alliée à l'Allemagne, dictait sa loi dans l'action. De l'autre côté, chez les Russes et les Français, on ne commit pas de telles erreurs, étant donné qu'on était déterminé chez eux à employer l'affaire serbe soit à l'humiliation totale de l'Autriche, soit à la guerre. Le séjour de Poincaré à Saint-Pétersbourg, à la mi-juillet, rendit possibles les derniers préparatifs communs. L'attitude de la Russie est évidente, et la France a poussé et renforcé son allié. [sur la GB]

Extrait de: SCHNABEL (Dr. Franz), Grundriß der Geschichte für die Oberstufe. Teil IV Geschichte der neuesten Zeit. Leipzig, Berlin, Teubner, 6ème édition 1926, 168 p. [p. 110/111] Le passage reproduit est identique dans l'édition de 1927.

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