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Les études sur l'extension et la transformation de Paris sont indissociables
depuis la fin du XIXe siècle de la recherche de solutions d'ensemble
à la crise du logement populaire, qui passent à la fois
par la mise en place de dispositifs légaux et financiers adéquats
par la conception d'espaces domestiques économiques et hygiéniques
et par la conquête de nouveaux terrains tant dans la ville que dans
sa périphérie. Formulée en Grande-Bretagne, la théorie
de la cité-jardin a plus d'effets concrets tout d'abord en Allemagne,
où elle conduit à la réalisation des Gartenstädte
de Hellerau,
près de Dresde et du Stockfeld, près de Strasbourg. Relayée
par le Musée social, elle inspire certaines des propositions de
la Commission d'extension, qui préconise en 1913 la création
de deux "cités-parcs" sur les terrains de La Courneuve,
au Nord, et de la Belle-Épine, au Sud.
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Cité-jardin Hellerau (Dresde).
Première cité-jardin allemande, fondée
en 1908 à l'initiative de Karl Schmidt. Le mouvement
des cités-jardin est né vers 1900 en Angleterre.
L'un des objectifs était de propager de nouvelles formes
de vie sociale qui devaient s'exprimer dans le domaine artistique
et architectural.
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| Source
Internet |
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Avec le lancement effectif des programmes de logements sociaux des offices
publics, tel celui du département de la Seine, dirigé par
le maire de Suresnes Henri
Sellier, c'est vers les programmes allemands similaires que se déplace
l'attention des réformateurs, qui s'intéressent aux systèmes
de financement, à la morphologie des Siedlungen et à
leur architecture. La qualité des réalisations de la municipalité
et des coopératives berlinoises n'échappe pas aux écrivains
et aux journalistes visitant Berlin. [35]
Le dramaturge Jean Giraudoux est particulièrement attentif à
cette dimension lorsqu'il évoque les espaces urbains berlinois.
[36]
Berlin le rend d'autant plus attentif aux banlieues parisiennes qu'il
s'intéresse aux problèmes urbains, ce qui le conduira à
présider la
Ligue urbaine et rurale, avatar du Musée social.
Quant à Henri Sellier, il encourage ses maîtres d'oeuvre
à observer les réalisations allemandes, que visitent plusieurs
architectes parisiens, comme André
Lurçat. Alors l'un des plus en vue des jeunes professionnels
français radicaux, Lurçat évoque dans une lettre
à son collègue berlinois Bruno
Taut certaines "erreurs" relevées dans la Siedlung
de Britz, qu'il trouve à la fois contradictoire dans la juxtaposition
de toits-terrasses et en pente, et assombrie par des couleurs trop intenses.
[37]
En liaison avec ces expériences directes, en définitive
assez rares, de certains architectes, des "passeurs" font circuler
les images et proposent des analyses parfois très critiques des
projets berlinois.
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Le jeune architecte alsacien Roger Ginsburger, qui publie dans les revues
d'architecture moderne des deux côtés du Rhin, rapporte en
France les expériences allemandes en matière de préfabrication
et d'architecture intérieure, en particulier celles menées
à Francfort par Ernst
May. [38]
Dans ses contributions à la presse allemande, il souligne le fait
que les images d'architecture et le mobilier des nouveaux logements de
Dessau ou de Berlin présentés à la section allemande
du Salon des Artistes décorateurs en 1930 donnent une leçon
salutaire aux concepteurs et aux édiles français. [39]
Mais, dans ses interventions sur la scène allemande, Ginsburger
prend position sur l'urbanisme. Lorsque le gouvernement Brüning met
en place les Stadtrandsiedlungen, visant à construire dans
la lointaine périphérie des villes des maisons réduites
à des cabanes de jardins sur des potagers, censés permettre
à leurs habitants de survivre en autarcie en temps de crise, il
dénonce le contenu économique et politique de l'opération
en s'appuyant sur La question du logement de Friedrich Engels.
[40]
Unité d'habitation à Berlin,
conçue en 1956-58 par Le Corbusier dans le cadre
de la Internationale Bauausstellung. Il s'agit de la troisième
(après Marseille et Nantes) unité d'habitation
de ce genre, un bâtiment de 17 étages sur piliers
abritant 557 appartements accessibles par neuf "rues"
situées au milieu.
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Pour de plus amples informations et de nombreux liens concernant l'Unité d'habitation, cliquer ici.
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Nationaliste, plus proche d'architectes comme Hans Poelzig, Otto-Rudolf
Salvisberg ou Heinrich Tessenow que de Walter
Gropius ou Bruno Taut, Julius
Posener rapporte sur l'actualité de l'architecture berlinoise
dans L'Architecture d'aujourd'hui à partir de 1930. Posener
renvoie dos à dos les attaques portées au nom de l'art contre
les fonctionnalistes et la simplification que ceux-ci opèrent des
enjeux liés à l'habitation. La notion même de "machine
à habiter" est pour lui une absurdité, dans la
mesure où les machines ont nécessairement des destinations
très précises, ce qui n'est pas le cas de la maison, et
il souligne que "si l'architecture est un but, c'est également
un art, une représentation du genre humain". [41]
Par ses interventions répétées, Posener fait des
opérations allemandes des références familières
pour les professionnels français. [42]
Le moins qu'on puisse dire est que son discours n'est pas une célébration
du Neues Bauen, à tel point qu'il se félicite en
1936 de l'intérêt des premières réalisation
du Ille Reich, soulignant que la "colonisation intérieure"
en périphérie des villes et l'accent mis sur l'habitation
individuelle, s'opposent "à l'habitation collective réalisée
en masse par les communes républicaines". [43]
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