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La discussion sur le destin du centre de Paris est dominée dans
les années 1920 par le "Plan
Voisin", présenté par Le
Corbusier à l'Exposition des Arts décoratifs de 1925,
et largement commenté dans la presse. C'est sur les cimaises de
l'exposition de Werner Hegemann à Düsseldorf que le jeune
Le
Corbusier avait découvert les stratégies modernes d'aménagement
des villes. C'est aussi par l'intermédiaire des réflexions
sur la refonte structurelle de Berlin qu'il s'intéresse aux solutions
américaines en vogue en Allemagne. Les plus importantes pour lui
sont celles de Karl Scheffler, qui dessine en 1913 dans Die Architektur
der Großstadt les traits d'une métropole "logiquement
organisée", et donc découpée en quartiers spécialisés,
et celles de Peter Behrens, chez qui Le Corbusier travaille, et qui appelle
de ses voeux la construction de gratte-ciel dans le centre de Berlin.
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Le Plan Voisin de Le Corbusier
prévoyait pour le centre de Paris un rémanénagement
moderne, pour l'époque même futuriste.
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| Source Internet |
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En dépit des réserves qu'il formule après la Première
Guerre mondiale devant les édifices de son ancien mentor Behrens,
"conçus pour imposer, écraser, crier la toute puissance",
lorsqu'il dénonce une monumentalité devenu à ses
yeux "une des armes les plus actives du pangermanisme" [33],
Le Corbusier poursuit son assimilation des discours et des modèles
allemands qui le conduisent en 1922 au modèle de la "Ville
contemporaine" conçue sur un terrain vierge, mais annonçant
tous les dispositifs du "plan Voisin". Un dialogue à
distance s'instaure alors avec Berlin, au travers de vifs échanges
avec Werner Hegemann, hostile aux idées de Le Corbusier. Surtout,
l'architecte radical Ludwig
Hilberseimer élabore en réponse à ce projet,
une Hochhausstadt cette fois explicitement implantée dans
la ville existante, puisque l'effrayante géométrie de ses
rues en profondeur et de ses lames de bureaux est superposée au
plan de Berlin. [34]
Modèle de la Ville contemporaine, Le Corbusier
(1922)
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En quelque sorte affranchi par ce projet des quelques réticences
qu'il aurait pu avoir à inscrire ses idées dans le site
parisien, Le Corbusier propose avec le "Plan Voisin" de 1925
une refonte totale de la structure urbaine de la capitale, transformant
le centre en cité des affaires. Sans doute ratifie-t-il dans son
projet une tendance déjà fortement marquée des activités
bancaires et financières à occuper des secteurs spécialisés
de Paris. Mais cette tendance, lisible dans certains tracés post-haussmanniens
comme la rue Réaumur, n'avait pas débouché sur des
formes urbaines typiques, et encore moins sur une différenciation
réglementaire de l'occupation du sol, comme le préconise
avec brutalité le Plan Voisin. Sans effet à court terme
sur l'aménagement de Paris, ce projet n'en laissera pas moins une
profonde empreinte sur la réflexion des décideurs, des urbanistes,
et dans une certaine mesure du public jusqu'aux années 1960.
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